- Puissance réelle : un camion pizza équipé d’un four électrique, d’une friteuse et d’une chambre froide tire 12 à 18 kW en pointe. Un branchement 16 A ne tiendra jamais la cuisson du soir.
- Norme applicable : la partie 7-711 de la NF C 15-100 encadre les installations temporaires sur l’espace public : différentiel 30 mA, prises P17 IP44, terre inférieure à 100 Ω, câbles protégés mécaniquement.
- Piège rural : autour de Hornoy-le-Bourg, le réseau Enedis aérien plafonne souvent à 12 kVA en monophasé. Le passage en triphasé se prépare 3 à 6 mois à l’avance, devis à l’appui.
La place est libre. Le four est chaud. Rien ne s’allume.
Le scénario se répète chaque printemps sur les places du Vimeu : un camion pizza s’installe, branche une rallonge de trente mètres sur la prise du kiosque municipal, et le disjoncteur claque au troisième four. Le raccordement électrique d’un food truck sur une place rurale consiste à relier le tableau du véhicule à un point de livraison conforme, borne publique ou coffret privé, par une ligne protégée par un différentiel 30 mA. En 2026, un camion pizza professionnel réclame 12 à 18 kW en pointe, ce qui conditionne tout le dimensionnement du branchement.
Au sommaire :
- 1. Ce que la mairie exige avant le premier coup de jus
- 2. Dimensionner la puissance d’un camion pizza
- 3. Borne publique, coffret privé ou groupe électrogène ?
- 4. Le raccordement pas à pas
- 5. Tarifs indicatifs 2026
- 6. Questions fréquentes

Coffret de chantier IP44 32A P17 avec DDR 30 mA
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Ce que la mairie exige avant le premier coup de jus
Une place publique n’est pas un branchement domestique. La commune reste propriétaire du sol, du sous-sol et de tout point de livraison électrique installé dessus.
Avant de brancher quoi que ce soit, il faut l’autorisation d’occupation temporaire du domaine public, l’AOT. Elle se demande en mairie avec le formulaire communal ou le Cerfa n°14023, accompagnée d’un plan d’implantation, de la superficie occupée et de l’attestation d’assurance. Comptez deux à quatre semaines d’instruction pour une place rurale, davantage si le conseil municipal doit voter la redevance.
Deuxième document, la carte de commerçant ambulant. Elle est obligatoire pour tout restaurateur itinérant, coûte 30 €, vaut quatre ans, et s’obtient auprès de la CCI ou de la CMA de rattachement avec le Cerfa n°14022. Sans elle, l’amende grimpe à 750 €.
Troisième point, plus technique : certaines mairies conditionnent l’AOT à un rapport de conformité de l’installation électrique temporaire, rédigé par un organisme agréé comme Apave, Bureau Veritas ou Socotec. Ce contrôle coûte 250 à 550 € et vérifie trois choses : la protection différentielle, la prise de terre et l’absence de risque de contact indirect. Le préparer en amont évite un refus au dernier moment.
Dernier réflexe administratif : la déclaration à la DDPP pour les denrées d’origine animale, et la déclaration d’activité de restaurant en mairie au moins quinze jours avant l’ouverture. Aucun rapport avec l’électricité ? Si, indirectement : ces pièces font partie du dossier que la mairie consulte avant de signer l’AOT.

Enrouleur électrique professionnel 25 m 3G2
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Dimensionner la puissance d’un camion pizza
Le bilan de puissance d’un food truck additionne les puissances nominales des équipements, puis applique un coefficient de simultanéité de 0,7 à 0,9. Sur un camion pizza typique, la somme brute grimpe à 20 ou 24 kW, ramenée à 14-18 kW réels, ce qui impose le plus souvent un branchement triphasé 400 V 32 A.
| Équipement | Puissance nominale | Coefficient retenu | Puissance de calcul |
|---|---|---|---|
| Four à pizza électrique | 3 à 9 kW | 1,0 | 3 à 9 kW |
| Friteuse double | 6 à 8 kW | 0,8 | 5 à 6,4 kW |
| Plancha ou plaque de cuisson | 3 à 5 kW | 0,7 | 2,1 à 3,5 kW |
| Chambre froide (démarrage x3) | 0,6 à 1,2 kW | 0,5 | 0,3 à 0,6 kW |
| Hotte et extraction | 0,5 à 1 kW | 1,0 | 0,5 à 1 kW |
| Éclairage LED, TPE, sono | 0,3 à 0,5 kW | 1,0 | 0,3 à 0,5 kW |
Le piège classique, c’est la chambre froide. Son compresseur absorbe trois fois sa puissance nominale au démarrage. Sur une ligne déjà chargée par le four, ce pic fait sauter le disjoncteur sans qu’aucun appareil ne soit en défaut. Un disjoncteur courbe C, voire courbe D pour les gros compresseurs, règle le problème.
Autre contrainte, locale celle-là : en bout de ligne aérienne, la tension peut descendre à 205-210 V en heure de pointe. Les fours modernes compensent. Les plus anciens chauffent moins vite et consomment davantage. Un relevé de tension avant de signer un emplacement évite bien des mauvaises surprises.

5 mm²
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Borne publique, coffret privé ou groupe électrogène ?
Trois configurations existent sur le terrain. Le choix dépend de la fréquence d’occupation de l’emplacement, pas du prix affiché au départ.
| Critère | Borne publique | Coffret privé dédié | Groupe électrogène |
|---|---|---|---|
| Puissance disponible | 3 à 6 kVA le plus souvent | 12 à 36 kVA | 6 à 20 kVA |
| Coût d’installation | 0 € (redevance d’occupation) | 900 à 3 000 € | 0 € en location |
| Coût d’exploitation | Redevance de 5 à 20 €/m²/an | Abonnement Enedis + consommation | 120 à 250 €/jour + carburant |
| Délai de mise en œuvre | 2 à 4 semaines | 1 à 3 mois | Immédiat |
| Nuisances | Aucune | Aucune | Bruit de 65 à 70 dB(A), odeurs |
| Autonomie | Illimitée | Illimitée | 8 à 12 h par plein |
| Usage adapté | Remorque crêperie, petite offre | Camion pizza, activité régulière | Dépannage, festivals, sites isolés |
Sur une place rurale type, la borne publique délivre rarement plus de 6 kVA, souvent en 16 A monophasé. C’est suffisant pour une remorque crêperie ou un stand de burgers, jamais pour un four à pizza professionnel. Le coffret privé dédié, lui, se dimensionne au besoin réel : c’est la solution des professionnels installés à l’année. Le groupe électrogène reste le plan B des festivals et des sites sans réseau, avec deux limites : le bruit et le coût au jour.

Groupe électrogène insonorisé 6 kVA inverter
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Le raccordement pas à pas
Voici la séquence réelle, celle que nous appliquons sur les emplacements ruraux du secteur.
- Étape 1 : Chiffrer le besoin réel – additionnez les puissances, appliquez le coefficient de simultanéité, ajoutez 20 % de marge. Un camion qui annonce 12 kW demande en réalité 15 kW de raccordement.
- Étape 2 : Déposer l’AOT en mairie – plan d’implantation, superficie, attestation d’assurance, rapport électrique si la commune l’exige. Prévoyez un mois de délai.
- Étape 3 : Valider le point de livraison – borne communale, coffret privé posé sur massif béton, ou groupe. Vérifiez la distance au tableau du camion : au-delà de 40 mètres, la chute de tension impose une section de câble supérieure.
- Étape 4 : Poser la ligne et les protections – câble 5G6 mm² pour un 32 A triphasé enterré sous fourreau TPC, grillage avertisseur à 20 cm au-dessus de la gaine, disjoncteur courbe C, DDR 30 mA type A.
- Étape 5 : Mesurer la prise de terre – objectif : résistance inférieure à 100 Ω. Sur les sols argileux et humides du secteur, deux ou trois piquets disposés en triangle font mieux qu’un seul piquet profond.
- Étape 6 : Faire contrôler l’installation – organisme agréé, rapport daté, à joindre au dossier de la mairie. Une visite annuelle suffit tant que l’emplacement ne change pas.
- Étape 7 : Sécuriser le coffret – IP44 minimum, IP67 si le coffret reste au sol, hauteur de pose entre 0,8 et 1,2 mètre, capot verrouillable. La pluie picarde ne pardonne pas les boîtes bas de gamme.
Le conseil de l’expert Élecineris : sur les places rurales du secteur, le vrai point faible n’est pas la puissance disponible, c’est la prise de terre et la longueur de ligne. Un camion branché sur une terre à 300 Ω déclenche des différentiels fantômes dès que l’humidité monte. Nous posons systématiquement un parafoudre au tableau du véhicule et une terre dédiée à l’emplacement. Et quand un différentiel saute la veille d’un marché, un dépannage électrique en urgence coûte toujours plus cher qu’un contrôle programmé. Sur un camion de plus de dix ans, une rénovation électrique du tableau se rentabilise en une saison de marchés.

Kit de mise à la terre (piquets + câble vert/jaune 16 mm²)
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Tarifs indicatifs 2026
| Prestation | Prix moyen constaté 2026 | Précisions |
|---|---|---|
| Pose d’un coffret extérieur IP44 32 A P17 | 450 à 900 € | Disjoncteur courbe C et DDR 30 mA inclus |
| Ligne enterrée 5G6 mm² | 60 à 95 €/ml | Tranchée, fourreau TPC, grillage avertisseur |
| Ligne aérienne sur poteau | 35 à 60 €/ml | Hauteur minimale 3,5 m, haubanage compris |
| Tableau divisionnaire food truck et parafoudre | 350 à 750 € | DDR 30 mA type A, protections sélectives |
| Mise à la terre dédiée | 180 à 400 € | Piquets, câble vert/jaune 16 mm², mesure de résistance |
| Contrôle par organisme agréé | 250 à 550 € | Rapport exigé par certaines mairies |
| Location groupe électrogène 6 kVA insonorisé | 120 à 250 €/jour | Carburant en sus, 2 à 4 L/h |
| Nouveau branchement Enedis 12 kVA monophasé | 1 200 à 2 500 € | Délai de 3 à 6 mois en zone rurale |
| Nouveau branchement Enedis 24 kVA triphasé | 2 500 à 6 000 € | Selon distance au poste de transformation |
Ces fourchettes proviennent d’interventions réelles sur des emplacements du secteur. Elles n’incluent ni la redevance d’occupation, ni les frais de dossier de la carte de commerçant ambulant.
Questions fréquentes
Peut-on brancher un camion pizza sur une prise 16 A classique ?
Non. Une prise 16 A monophasé plafonne à 3,7 kVA, soit trois fois moins que le besoin d’un camion pizza équipé d’un four professionnel. Le disjoncteur déclenchera dès la montée en température. La puissance minimale viable reste 12 kW en triphasé 400 V, avec un différentiel 30 mA dédié à l’emplacement.
Quelle puissance demander pour un camion pizza en 2026 ?
Comptez 12 à 18 kW selon l’équipement embarqué. Un camion avec four électrique, friteuse et chambre froide se raccorde en 32 A triphasé, soit environ 22 kVA disponibles. Une remorque pizzas au gaz, moins gourmande, se contente souvent de 20 A monophasé. Le bilan de puissance écrit reste la seule base fiable pour le devis Enedis.
Faut-il une autorisation de la mairie pour se raccorder sur une place publique ?
Oui. Toute occupation du domaine public exige une AOT, instruite en mairie avec le Cerfa n°14023 ou le formulaire communal. Le raccordement électrique est autorisé dans le cadre de cette AOT, jamais avant. Sans autorisation, l’installation peut être démontée et l’amende forfaitaire s’applique.
Le groupe électrogène est-il toléré en centre-bourg ?
Rarement sans conditions. Beaucoup de communes limitent les groupes à 65 dB(A) à 7 mètres et interdisent le fonctionnement après 22 heures. Un modèle insonorisé de type inverter reste la seule option crédible pour un service du soir à Hornoy-le-Bourg. Vérifiez l’arrêté municipal avant l’achat, pas après.
Qui paie la mise à la terre et le contrôle de l’installation ?
L’exploitant du food truck, dans presque tous les cas. Le coffret posé sur le domaine public appartient au professionnel qui l’installe, et sa maintenance lui incombe. Seule exception : une borne communale déjà existante, entretenue par la collectivité, mais elle ne dépasse généralement pas 6 kVA.
Passez à l’action
Un emplacement se prépare avant la saison, pas la veille du premier marché. Faites chiffrer le bilan de puissance, la ligne et la mise à la terre par une équipe qui connaît les places rurales de la Somme et les exigences des mairies locales. L’équipe Élecineris intervient à Hornoy-le-Bourg et dans les communes voisines pour le raccordement, le contrôle et la mise en conformité des installations de restauration ambulante. Un appel, un devis daté, et votre camion tourne sans disjoncter : demandez votre devis à Élecineris.

